15.5.06

LA VERITE DU VATICAN

Le Da Vinci Code pour les nuls

Les médias promeuvent la sortie cinématographique de la supercherie ésotérique de Dan Brown. Au-delà d'une littérature de piètre qualité et d'un film à gros moyens, le Da Vinci Code n'est que la résurgence d'histoires granguignolesques et dont le but constitue une vaste entreprise de désinformation contre le christianisme.

1. Ce que dit le Da Vinci Code

Les affirmations de Dan Brown sont au mieux simplement erronées, au pire abracadabrantesques :

La divinité du Christ fut imaginée, proposée et confirmée par un vote ("assez serré") au Concile de Nicée en 325. Avant cet événement, personne – y compris les premiers chrétiens – ne croyait qu’il fut autre chose qu’un "prophète mortel".
L’empereur Constantin établit la divinité du Christ pour des raisons politiques et a utilisé l’Église catholique pour consolider son pouvoir.
Jésus s'est marié avec Marie-Madeleine et leurs descendants entrèrent dans la lignée des rois Mérovingiens.
Un ordre secret, le Prieuré de Sion, créé en 1099, serait dépositaire de ce lourd secret qui constitue une arme puissante. Au cours des siècles, un certain nombre de membres de cette secte auraient laissé filtrer des indices, dont Léonard de Vinci, qui aurait parsemé ses toiles de signes éloquents concernant le rôle éminent de Marie-Madeleine dans la religion catholique.
L'Opus Dei, présenté comme une sorte de CIA du Vatican, chargé de ses basses besognes, doit récupérer toutes ces fameuses 'preuves' afin de sauvegarder le secret.

2. Les contradictions fumeuses de Brown

Le Da Vinci Code s'intitule roman, mais Brown dit dans l’introduction : "Toutes les descriptions de monuments, d’œuvres d’art, de documents et de rituels secrets évoqués sont avérés". Rien n'est plus faux.

L'héroïne du roman, Sophie Neveu, est l'ultime descendante de Jésus et de Marie-Madeleine. Le dernier grand maître du Prieuré de Sion, Jacques Saunière, grand-père de Sophie, a été assassiné par Silas, le tueur de l'Opus Dei, qui, entre 2 contrats, se flagelle...

Le roman mélange sans cesse des réalité (l'Opus Dei, l'église Saint-Sulpice, Léonard de Vinci, etc.) et des inventions (le Prieuré de Sion, l'architecture de Saint-Sulpice, le 'vote serré' du Concile de Nicée, etc.). Le lecteur saura-t-il faire la part du vrai ? Rien n'est moins sûr. Et c'est bien le but inavoué de ce 'roman'.

3. Les magouilles pour benêts

Le Prieuré de Sion a été imaginé de toutes pièces par un certain Pierre Plantard, antisémite notoire, qui en a déposé les statuts comme une vulgaire association de la loi 1901, dans une sous-préfecture de Haute-Savoie, en 1956 ! Il a fignolé son montage en confiant à la Bibliothèque nationale de faux documents qui font remonter le Prieuré à la fin du XIe siècle et en s'attribuant personnellement une ascendance royale mérovingienne.
Le Da Vinci Code affirme qu’au Concile de Nicée, Jésus fut reconnu pour la première fois comme "le Fils de Dieu". Les Évangiles se réfèrent à Jésus comme étant le Fils de Dieu plus d’une quarantaine de fois, et cette description est souvent utilisée par les premiers Pères de l’Église. Ainsi le Concile de Nicée a ratifié encore plus clairement et de façon définitive la croyance constante de l’Église. Quant au "vote serré", seuls 2 évêques sur 250 votèrent contre !
Les lecteurs mordus ne peuvent que constater les incohérences et inexactitudes qui foisonnent. Ainsi, dans l'église Saint-Sulpice : pas de granit au sol, nul temple païen dans la crypte...
“Mona Lisa” n’est pas un autoportrait. Il s’agit d’une femme qui a existé, l’épouse de Francesco Da Giocondo. Dans le tableau de la Dernière Cène, la figure à la droite du Christ est Jean, le disciple bien aimé. Il ne s’agit pas d’une femme et il est difficile de croire que les Dominicains pour qui le tableau fut réalisé et les milliers de clercs qui l’ont vu, eussent accepté que l’on dérogeât de manière aussi scandaleuse à la tradition normative.
L’affirmation selon laquelle les descendants de Jésus entrèrent par le mariage dans la dynastie royale des Mérovingiens est basée sur un personnage appelé Giselle de Razes qui aurait épousé le roi Dagobert II au 7e siècle. Giselle de Razes n’a jamais existé, mais fut inventée au 20e siècle. (source)
Lire aussi ce blog, le davinci-codex, ou ici, ici, ici et ici pour des études plus complètes. Ce site américain mérite également le détour. Un numéro de Il est vivant, Famille Chrétienne, Permanences, La Nef sont spécialement consacré à ce sujet. Le Paris de Dan Brown est celui d'un touriste en mal d'imagination...

4. A l'origine, une hérésie antique : la gnose

Si le Vatican a mis ce roman à l'Index, c'est parce que au-delà des mensonges, il colporte de vieilles hérésies. Ainsi, le Concile de Nicée a condamné l'hérésie d'Arius, niant la divinité du Christ. Cette négation est aussi la spécificité de la gnose, du grec gnosis ('connaissance'), selon laquelle le monde serait mauvais et donc à rejeter ou à dépasser (CEC). Pour ce faire, les gnostiques s'appuient sur une connaissance ésotérique accessible à de seuls initiés (les initiés du Prieuré de Sion). C'est un savoir supérieur a la foi, dont les convictions sont en gros : accession de l'homme à un niveau supérieur d'existence ; cheminement initiatique (franc-maçonnerie) ; libération du fragment de divin caché en chaque homme à l'aide de diverses techniques psychologiques, méditatives et corporelles (New Age) ; référence parfois à la réincarnation ; proposition d'une nouvelle religion mondiale pour l’Ère qui vient (l'Ere du verseau dans le Da Vinci Code)...

Plus spécifiquement, ce qu'on appelle la gnose chrétienne est une doctrine ésotérique proposant à ses initiés une voie vers le salut par la connaissance de certaines vérités cachées sur Dieu, le monde et l'homme. Tout ceci a été réfuté dès le IIè siècle par Saint Irénée de Lyon (Contre les hérésies) :

"Rejetant la vérité, certains introduisent des discours mensongers (...). Par une vraisemblance frauduleusement agencée, ils séduisent l'esprit des ignorants et les réduisent à leur merci, falsifiant les paroles du Seigneur et se faisant les mauvais interprètes de ce qui a été bien exprimé. (...) De façon spécieuse, par l'art des discours, ils attirent d'abord les simples à la manie des recherches ; après quoi, sans plus se soucier de vraisemblance, ils perdent ces malheureux, en inculquant des pensées blasphématoires et impies à l'endroit de leur Créateur à des gens incapables de discerner le faux du vrai."

5. Un but : décrédibiliser l'Eglise catholique

Jadis c'était la Compagnie de Jésus qui jouait le mauvais rôle de sicaire de l'Eglise. L'Opus Dei a repris le vilain rôle. Renouant avec la théorie du complot, Brown fait de l'Opus Dei le grand méchant du roman. Aussi, cette attaque en règle contre une prélature personelle, c'est-à-dire dépendant directement du Pape lui-même, n'a rien d'anodin. En diabolisant ce groupe, l'auteur présente l’Eglise comme une bande de délinquants qui, pendant 2000 ans, n’a reculé devant rien pour protéger un gros mensonge. Même si cela est absurde, voire ridicule, on finit par présenter un portrait odieux d’une institution, et il est bien connu que les portraits odieux font naître des sentiments hostiles chez des personnes dépourvues de sens critique. En outre, ce 'roman' n'a d'autre ambition que de remettre en cause l'ensemble de la théologie catholique. C'est donc bien une attaque contre la Foi.

En conclusion, nous pouvons dire, à la suite du prédicateur de la Maison pontificale, que "le Christ est vendu, une nouvelle fois, non plus aux chefs du sanhédrin pour trente pièces d’argent, mais à des éditeurs et des libraires pour des milliards de pièces d’argent". Cette vaste fumisterie aux ficelles faciles à démonter est l'occasion pour les chrétiens de témoigner de la Vérité. La seule qui soit crédible.

L'équipe du Salon Beige

Posté le 15 mai 2006 à 09h27 | Lien permanent | Commentaires (11)