9.5.08

COMMENT LA "NAKBA" PROUVE LA FICTION D'UNE NATION PALESTINIENNE

Par Steven Plaut

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Adaptation française de Sentinelle 5768 ©

Un abécédaire de propagande

Au cours des quelques années passées, le terme nakba (aussi écrit naqba) est devenu le mot absurde favori du lobby anti-Israël. Signifiant « catastrophe » en arabe, il a été adopté par les antisémites à travers toute la planète pour désigner la création d’Israël, qui aurait infligé une « catastrophe » aux « Arabes palestiniens privés de droits ».

Bien sûr; la vraie catastrophe qui s’est abattue sur les Arabes en 1948-49 a été qu’ils ont échoué dans leur tentative d’annihiler Israël et d’exterminer sa population, et ils en ont payé le prix.
En attendant, l’absurdité du terme nakba s’est répandue. Une recherche sur Google retrouve 85.000 pages Internet qualifiant la création d’Israël de « nakba », et une recherche sur Yahoo en trouve encore davantage. Le magazine anti-israélien ‘Counterpunch’ ne peut mentionner Israël sans utiliser le terme. Même la ministre gauchiste de l’éducation en Israël, Yuli Tamir a ordonné que la « nakba » soit enseignée dans le programme des écoles israéliennes, où l’on peut enseigner aux écoliers israéliens à déplorer l’existence de leur propre pays.

(Tamir, qui a été autrefois professeur d’éducation à l’université de Tel Aviv, est si bizarre qu’au cours de l’été 1996, elle a publié un article dans la ‘Boston Review’ défendant l’excision des filles dans le Tiers Monde, en dénonçant ceux qui exprimaient leur dégoût face à cette pratique – cf. http://bostonreview.net/BR21.3/Tamir.html.)

Des cérémonies de la « nakba » sont maintenant célébrées par des professeurs gauchistes dans les universités israéliennes qui déplorent la création même de leur pays.

La nakba de la fin des années 1940 et 1950 qui frappa un grand nombre de Juifs vivant dans des pays arabes où ils furent soudain expulsés, persécutés, et dépouillés de leurs biens n’intéresse pas ces gens-là. Ces réfugiés juifs ont bâti de nouveaux foyers en Israël et ont en vérité dépassé en nombre les Palestiniens qui s’enfuirent.

En même temps, une légende courante a été forgée sur les origines du terme « nakba » - un conte de fée qui prétend que le mot était une bannière agitée par les Palestiniens, ayant débuté en 1948, et que son usage même montre à quelle profondeur la « nationalité palestinienne » s’enracine.

Aussi, voici un quiz des évènements présents : quelle est la véritable origine du terme « nakba » et quelle est sa signification à l’origine ?

Si vous donnez la mauvaise réponse au quiz – autrement dit, si vous répondez qu’il se rapporte aux évènements de 1948 – vous êtes en très bonne compagnie. Moi-même, j’aurais séché sur le quiz jusqu’à il y a quelques jours quand je suis tombé par hasard sur la bonne réponse. Non seulement la liaison absurde du mot « nakba » ne souligne en rien « la profondeur des racines de la nationalité palestinienne », mais il prouve tout simplement le contraire : c'est-à-dire qu’il n’existe rien de tel qu’une nation palestinienne ou la moindre nationalité.

La source autorisée à l’origine de « nakba » n’est nul autre que George Antonius, présumé le premier historien « officiel du nationalisme palestinien ». Comme tant de « Palestiniens » il n’était pas réellement palestinien. C’était un chrétien libano-égyptien qui vécut un moment à Jérusalem, où il composa son plaidoyer / histoire du nationalisme arabe. « Le Réveil arabe » (« The Arab Awakening »), un livre plein de préjugés, publié en 1938 et pendant bien des années, ce fut le texte officiel utilisé dans les universités britanniques.

Antonius était un « représentant palestinien official » pour la Grande Bretagne, s’efforçant d’argumenter pour créer un état arabe à la place de toute perspective de foyer national promis aux Juifs par la Déclaration Balfour de 1917. Dans les années 1930, Antonius était un propagandiste antisioniste actif, et comme tel, on lui offrit un poste à l’université Columbia (où certaines choses semblent ne pas changer beaucoup).

Il servit de feuille de vigne universitaire aux nationalistes arabes xénophobes, cherchant à dénier aux Juifs tout droit d’autodétermination ou d’émigration sur la terre d’Israël. Et il fut étroitement associé au grand Mufti, principal allié islamique d’Hitler, ainsi qu’avec le régime pro-allemand d’Irak au début des années 1940.

Antonius était si passionnément antisioniste qu’il continue de servir de héros et de mentor aux gauchistes juifs antisionistes partout. Par exemple, le dernier professeur de sociologie à l’Université Hébraïque, le Pr. Baruch Kimmerling se reposa en totalité sur Antonius pour sa propre pseudo-histoire : « Palestinians : The Making of a People (Free Press, 1993) ».

Alors comment Antonius nous apporte-t-il la réponse au quiz des évènements présents concernant l’origine de « nakba » ? Le terme ne fut pas inventé en 1948 mais plutôt en 1920. Et il fut forgé non pas parce que les Palestiniens devenaient soudain nationalistes, mais parce que les Arabes vivant en Palestine se considéraient eux-mêmes comme Syriens et étaient enragés d’être coupés de leur patrie syrienne.

Avant la Première Guerre Mondiale, tout le Levant – y compris ce qui est aujourd’hui Israël, les « territoires occupés », la Jordanie, le Liban et la Syrie – étaient compris dans les colonies ottomanes turques. Quand les forces alliées chassèrent les Turcs du Levant, les deux puissances principales, la Grande Bretagne et la France se divisèrent les dépouilles entre elles. Le Grande obtint la Palestine, y compris ce qui est aujourd’hui la Jordanie (et l’Irak, Ndt), alors que la France obtint le Liban et la Syrie.

Le problème était que les Arabes palestiniens se considéraient eux-mêmes comme Syriens et était considérés ainsi par les autres Syriens. Les Arabes palestiniens étaient enragés qu’une barrière artificielle fût érigée au sein de leur patrie syrienne par les puissances coloniales infidèles – celle qui diviserait les Arabes syriens du Nord des Arabes syriens du Sud, ces derniers étant ceux qui furent nommés plus tard à tort « Palestiniens ».

Le gros des Arabes palestiniens avait en fait émigré en Palestine depuis la Syrie et le Liban au cours des deux générations précédentes, surtout pour profiter de l’amélioration des conditions de vie et des opportunités de travail offertes par l’immigration sioniste et les capitaux affluant dans la région. En 1920, les deux groupes d’Arabes syriens, ceux de Syrie et ceux de Palestine, déclenchèrent des émeutes violentes et meurtrières.

En page 312 du livre « The Arab Awakening », Antonius écrit : « l’année 1920 porte un nom maudit dans les annales arabes : elle est appelée année de la catastrophe (Am al-nakba). Elle a vu les premiers soulèvements armés survenus pour protester contre la colonisation d’après guerre, imposée par les Alliés sur les pays arabes. Cette année-là, de graves révoltes ont eu lieu en Syrie, en Palestine, et en Irak ».

Oui, la réponse à notre petit quiz est 1920, pas 1948. C’est en 1920 – alors qu’il n’existait pas d’Etat sioniste, pas de souveraineté juive, pas de « colonies » ni de « territoires occupés », pas de Forces de Défense d’Israël (Tsahal), pas de missiles israéliens ni d’hélicoptères visant des chefs terroristes, et pas de contrôle juif sur Jérusalem (où une majorité démographique juive remontait au moins à 1850).

La “nakba” n’avait rien à voir avec les Juifs, et rien à faire avec les exigences des Arabes palestiniens à l’autodétermination, à l’indépendance, et à un Etat. Tout au contraire, elle avait tout à voir avec le fait que les Arabes palestiniens se considéraient eux-mêmes comme Syriens. Ils se révoltèrent lors de cette nakba - cette catastrophe – parce qu’ils trouvaient profondément insultant l’idée même qu’ils puissent même être indépendants de la Syrie et des Syriens.

Dans les années 1920, la simple suggestion que les Arabes palestiniens constituaient une nationalité ethniquement séparée suffisait à faire descendre ces mêmes Arabes dans les rues pour tuer et piller violemment avec indignation. S’ils insistaient eux-mêmes du fait qu’ils étaient simplement des Syriens émigrés vers la terre d’Israël, selon quelle logique les Arabes palestiniens peuvent-ils avoir des droits à leur propre Etat aujourd’hui ?

Les Arabes palestiniens ne sont pas plus une nation et n’ont pas plus de titre à leur propre Etat que les Arabes de Détroit ou de Paris. Ils n’ont certainement pas de titre à quatre Etats différents ; la Jordanie, le Hamastan, l’Etat de l’OLP sur la Rive Occidentale, et Israël converti en un nouvel Etat arabe en accordant le « droit de retour » aux réfugiés arabes.

En parlant des Palestiniens comme de Syriens, il faut remarquer ce qu’un des premiers nationalistes syriens avait à dire. La citation suivante provient de l’arrière-grand-père du dictateur syrien actuel, Bashar Assad :

« Ces braves Juifs ont apporté la civilisation et la paix aux Arabes musulmans, et ils ont dispersé l’or et la prospérité sur la Palestine sans dommage à quiconque, et sans rien prendre par la force. Malgré cela, les Musulmans ont déclaré la guerre sainte contre eux et n’ont pas hésité à massacrer leurs enfants et leurs femmes… Ainsi un noir destin attend les Juifs et d’autres minorités au cas où les mandats seront annulés, et où la Syrie musulmane sera unifiée avec la Palestine musulmane »…

Cette déclaration provient d’une lettre adressée au Premier Ministre français en juin 1936, par six notables syriens alaouites (les Alaouites sont la classe dirigeante en Syrie de nos jours) en soutien au sionisme. L’arrière-grand-père de Bashar était l’un d’eux.